L'église romane


L'église romane d'Orp-le-Grand

Joyau du patrimoine architectural de l'entité d'Orp-Jauche, l'église décanale d'Orp-le-Grand, dont Sainte-Adèle partage depuis 1948 la dédicace avec Saint Martin, l'apôtre des Gaules, est, avec la Collégiale de Nivelles et l'église de Bertem, un des sanctuaires "les plus représentatifs et les plus achevés de l'art roman en Brabant". Ce prestigieux monument de style roman mosan a succédé sur le site à trois constructions antérieures, toutes dédiées à Saint Martin, dont la plus ancienne remonte au VIIIe siècle, lors de la fondation d'un monastère par Sainte Adèle à Orp-le-Grand. Cette église primitive et celle qui suivit furent détruites lors des invasions et des troubles que connut la région aux IXe et Xe siècles. On ne connaît pas les raisons de la disparition du troisième sanctuaire. On sait par contre que c'est sur ses fondations que fut édi.ée au XIIe siècle l'église romane actuelle. Après avoir déjà été la proie des flammes en 1356 et en 1674, l'édifice sera à nouveau, le 13 mai 1940, ravagé par un incendie désastreux qui détruisit tout le mobilier mais laissa fort heureusement les murs intacts. La restauration d'après-guerre fut par bonheur particulièrement soignée. C'est ainsi par exemple que pour préserver l'homogénéité de ce merveilleux édifice, on alla même jusqu'à rouvrir dans le village une carrière abandonnée depuis longtemps pour en extraire la pierre d'Orp, la même que celle utilisée par les bâtisseurs au XIIe siècle. De plan basilical, l'église d'Orp-le-Grand comprend un imposant avant-corps (Westbau) d'inspiration rhénane, une nef à six travées, des bas-côtés, un transept bas et large fermé par deux arcs triomphaux et un choeur se terminant par une abside polygonale à trois côtés. Le tout est couvert d'un plafond en bois. Sous le choeur, les fouilles de la restauration ont permis de découvrir une magnifique crypte-halle dont la tradition locale avait toujours affirmé l'existence.

 

 

De mêmes forme et dimensions que le choeur, elle est voûtée d'arêtes soutenues par six piliers cruciformes d'inspiration écossaise (style scott). Le décor des murs de la grande nef fait de colonnes engagées portées sur pilastres et sommées d'arcatures entourant les fenêtres hautes, le tout reposant sur un cordon saillant, est dans sa simplicité d'une beauté raffinée. La décoration en arcature est reproduite à l'extérieur le long des murs gouttereaux. Les bas-côtés, le transept et le choeur sont éclairés par de larges baies aménagées au XVIIe siècle. Les vitraux modernes du choeur sont l'oeuvre du maître-verrier Michel Martens. Les murs extérieurs ont plus souffert de l'usure du temps et au cours des siècles, il fallut y remédier en utilisant les matériaux qu'on avait sous la main : grès, tuffeau de Lincent, pierre d'Orp et de Gobertange, silex et même la brique. L'avant-corps comportait à l'origine deux tours. Celle du sud se serait écroulée lors de l'incendie de 1674. Elle ne fut jamais reconstruite et ses matériaux furent récupérés pour réaliser les contreforts qui consolident aujourd'hui la tour restante et la façade du Westbau. La décoration intérieure est d'une grande sobriété. Du mobilier ancien, il reste la statue en bois de Sainte Adèle (XVIe siècle) et la chasse renfermant les ossements de la sainte, deux médaillons en bois sculpté attribués à Laurent Delvaux, un bénitier et des fonts baptismaux en pierre bleue des XVIe et XVIIe siècles.

Remarquable par ses dimensions imposantes et par la luminosité de la pierre d'Orp qui a servi à l'édification des murs intérieurs, notamment du vaisseau, ce prestigieux monument auquel la restauration de 1958 a rendu sa pureté originelle se distingue par son abside polygonale à trois côtés, sa crypte à piliers cruciformes, les arcs géminés de sa croisée et sa remarquable décoration intérieure et extérieure en arcature à l'étage. Ces particularités confèrent à l'édifice une originalité incontestable et un intérêt tout particulier.

L'église des Saints-Martin et Adèle d'Orp-le-Grand est reprise à l'inventaire du "Patrimoine Roman en Brabant wallon". L'histoire de ce témoin prestigieux de l'architecture romane en Belgique fait l'objet d'une
remarquable vidéocassette et d'une plaquette, toutes deux disponibles en librairie et à l'Office
du Tourisme.

  

 


 

 

 

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